La Chambre syndicale nationale des producteurs du cinéma et de l’audiovisuel relevant de l’UTICA, a exprimé son indignation et son refus catégorique d’une éventuelle reprise des tournages en cette période de confinement général, une reprise annoncée mercredi soir, par le ministère des Affaires Culturelles.

Dans un communiqué publié, jeudi 09 avril, qui est adressé aux sociétés de production et à l’opinion publique, la chambre syndicale a précisé sa position quant à “cette décision prise en concertation avec le gouvernement et qui stipule la reprise des tournages des séries télévisées selon des conditions prédéfinies”.

Selon la Chambre syndicale, cette décision constitue ”un coup flagrant au travail colossal et aux énormes sacrifices de notre société et nos institutions face à la propagation de la pandémie du nouveau coronavirus afin de limiter ses répercussions sur l’économie, la société, les finances, la sécurité et la politique.”

La même source évoque ” une décision unilatérale ” tout en rappelant avoir auparavant manifesté son refus d’une éventuelle reprise des tournages annoncée par le ministère des Affaires Culturelles (en date du 5 avril). Avant sa décision contestée, le ministère a, au début de cette semaine, fait savoir dans un communiqué publié sur sa page facebook que cette option était “à l’examen “.

”Recourir aux exceptions dans le traitement de faveur accordé à certaines chaines sociétés de production et chaines de télévision, traduit, de l’avis des syndicalistes, “la faiblesse de la présidence du gouvernement aussi bien que du ministère des Affaires Culturelles”. La Chambre explique que cette décision est sujette à interprétations, ” comme étant une forme de favoritisme et de corruption qui se fait aux dépens de l’intérêt général”.

Les Syndicalistes ”refusent catégoriquement toute exploitation de leur qualité professionnelle en tant que producteurs ou celle des productions télévisées et cinématographiques pour des fins de propagande politique “, lit-on encore.

Comme alternative en cette période de confinement dont la levée est en fonction de l’amélioration des indicateurs sanitaires, la Chambre propose au gouvernement, au ministère et aux chaînes de télévisions publiques et privées, de dépoussiérer le large patrimoine filmique de qualité. Sa diffusion ne manquerait pas de satisfaire les attentes des téléspectateurs tunisiens, dit-elle.

La partie syndicale insiste sur l’unité des rangs face à la crise actuelle, et réaffirme sa confiance en les institutions de l’Etat et sa volonté de trouver des solutions efficaces et pérennes”.

“A la lumière de l’ampleur de la pandémie, la chambre syndicale affiche sa crainte d’une telle décision qui ” pourrait semer le doute sur un quelconque manque de sérieux dans le traitement officiel de la crise”.

Dans un secteur assez fragile et peu réglementé, la chambre syndicale a appelé les artistes, techniciens et divers intervenants qui pourraient être contraints à reprendre le travail à ” ne pas céder à la pression et au chantage “. Elle les avise sur les éventuelles “contaminations sur les lieux de tournage, faisant savoir qu’aucune garantie des risques du danger du virus ne leur est assurée “.

Des dangers, a-t-elle précisé qui “pourraient les atteindre et toucher même leurs familles, une fois le tournage est terminé “, surtout que le nouveau coronavirus est parfois asymptomatique, un avis dont les scientifiques et les études cliniques actuelles sont unanimes à le confirmer.

Dans un communiqué, en date du 20 mars, la chambre syndicale avait annoncé que l’arrêt des tournages constitue un défi financier et économique pour les sociétés de production, mais reste, d’un point de vue sanitaire, la meilleure solution pour endiguer la propagation du virus.”