La croissance dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) devrait s’accélérer à 4,4% en 2022, soit plus que le taux prévu en juin 2021, mais pourrait retomber à 3,4% en 2023, indique la Banque mondiale dans son dernier rapport “Perspectives économiques mondiales”.

Cette croissance est conditionnée par un redressement des secteurs à forte intensité de contacts et par un rétablissement du rythme de la production pétrolière, et aussi par les politiques accommodantes, estime le bailleur de fonds international, dans son rapport.

L’écart de revenu moyen par habitant entre les pays de la région et les pays avancés devrait cependant se creuser sur la période de prévision.

La hausse des cours du pétrole et du gaz naturel et l’augmentation de la production devraient bénéficier aux exportateurs d’énergie. Les perspectives à court terme se sont également améliorées pour les importateurs de pétrole.

En Egypte, la production devrait augmenter de 5,5% au cours de l’exercice, allant jusqu’en juin 2022, en raison de l’amélioration de la demande extérieure des principaux partenaires commerciaux du pays, de l’expansion des secteurs des technologies de l’information et de la communication ainsi que des industries extractives (gaz), et de l’amélioration progressive du tourisme.

Au Maroc, en revanche, l’économie devrait s’accélérer de seulement 3,2% en 2022, taux inférieur à celui prévu en juin 2021, en raison du ralentissement de la production agricole.

Toutefois, les nouvelles flambées de Covid-19, l’agitation sociale, le niveau élevé de la dette dans certains pays et les conflits pourraient freiner l’activité économique dans la région MENA.

Les fluctuations des prix pétroliers pourraient également affaiblir l’activité dans la région, faisant des perdants et des gagnants chez les importateurs et les exportateurs de pétrole, selon le cas. Le sous-investissement dans le secteur pourrait empêcher les pays exportateurs de tirer parti des prix élevés du pétrole. La propagation rapide du variant Omicron pourrait freiner la demande mondiale et entraîner une baisse des cours pétroliers.

 

La Banque Mondiale affirme que la multiplication des catastrophes naturelles liées au changement climatique compromet l’existence et les moyens de subsistance des populations de la région. Au fil du temps, la hausse des températures réduirait les surfaces cultivées, les rendements agricoles et les ressources en eau déjà limitées, ce qui pourrait compromettre la sécurité alimentaire, entraîner des déplacements de population, réduire la productivité du travail et accroître les risques de conflit.

Pour la région “Afrique subsaharienne”, la croissance devrait s’accélérer légèrement pour ressortir à 3,6% en 2022 et 3,8% en 2023. S’agissant de la région “Europe et Asie centrale”, les prévisions de la BM tablent sur une croissance de 3% en 2022 et de 2,9% en 2023.

La croissance dans les marchés émergents et les économies en développement renouera en 2022-23 avec les taux moyens enregistrés au cours de la décennie pré-Covid-19. Ce rythme de croissance ne sera pas suffisant pour récupérer les pertes de production subies pendant la pandémie.

D’ici à 2023, les niveaux de production dans toutes les régions du monde en développement resteront inférieurs aux tendances observées avant la pandémie, tandis que les économies avancées parviendront au contraire à combler leur retard.

 

La croissance mondiale devrait ralentir à 4,1% en 2022 et 3,2% en 2023 dans un contexte marqué par la persistance des flambées de Covid-19, la réduction des mesures de soutien budgétaire et des problèmes tenaces d’approvisionnement, selon le rapport de la BM.

Alors que les chiffres de la production et de l’investissement devraient renouer l’année prochaine avec leurs niveaux d’avant la pandémie dans les économies avancées, ils resteront nettement en deçà des tendances pré-Covid-19 dans les marchés émergents et les économies en développement, souligne encore ce rapport.

Les risques qui pèsent sur les perspectives de croissance mondiales sont essentiellement une résurgence générale de la pandémie, de nouvelles perturbations de l’offre, un désencrage des anticipations d’inflation, des tensions financières imprévues et la survenue de catastrophes climatiques.

 

(TAP)