La Tunisie a rendu publique, jeudi 23 septembre 2021, sa Contribution déterminée au niveau national (CDN) actualisée, dans laquelle le pays s’est fixé pour objectif de réduire son intensité carbone de 45% par rapport à 2010.

Le pays qui ne contribue que de 0,007% aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, est très vulnérable aux changements climatiques, rappelle le ministre des Affaires locales et de l’Environnement, Kamel Doukh.

Intervenant à l’atelier national sur la mise à jour de la CDN, organisé à Gammarth, en présence de diplomates, de la représentante résidente du PNUD et d’acteurs nationaux dans le domaine du climat, le ministre a relevé que la version actualisée présentée par la Tunisie, qui rassemble 21 objectifs et priorités et 174 mesures d’adaptation et d’atténuation des effets du changement climatique, est ” ambitieuse ” et en ligne avec les objectifs de développement durable des Nations Unies.

“La Tunisie va concentrer ses efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur le secteur de l’énergie. La réduction prévue dans ce secteur est estimée à 73%, à travers l’amélioration de l’efficacité énergétique des secteurs de l’industrie, du transport et du bâtiment et aussi à travers un recours intensifié aux énergies renouvelables et l’orientation vers l’industrie propre”, a développé Doukh.

” La CDN actualisée de la Tunisie reflète parfaitement les priorités de développement sectoriel du pays, prévoit des actions clés et favorise l’instauration d’un modèle agricole favorisant la conservation de la biodiversité, l’adoption d’un processus d’économie circulaire, la réduction des déchets à la source et d’autres actions liées à la sécurité alimentaire et hydrique “, a-t-il précisé.

La représentante résidente adjointe du PNUD en Tunisie, Eugena Song, a déclaré que ” le changement est déjà en cours et plusieurs projets de partenariat sont prévus entre la Tunisie et le PNUD, pour la mise en œuvre des mesures et actions définies dans le cadre de la CDN actualisée “.

La Tunisie cible dans ce cadre, des économies d’énergies primaire estimées à 4 Mtep en 2030 et environ 20 Mtep cumulées sur la période 2021-2030. La mise en œuvre de la CDN actualisée devrait permettre un gain de PIB sur toute la période couverte (2021-2030) d’environ 1% et la création d’environ 12 000 emplois additionnels dans le secteur de l’énergie, grâce aux mesures d’efficacité énergétique et de promotion de l’énergie renouvelable.

Une fois mis en œuvre, cet outil de développement permettra aussi, de réduire la facture énergétique des consommateurs et particulièrement des catégories sociales les plus démunies.

Pour le point focal de la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, Mohamed Zmerli, “la Tunisie a déjà pris le chemin du changement, mais il faut l’adhésion de tous les acteurs et secteurs pour contribuer à la construction d’un modèle de développement plus résilient “.

Pour atteindre ses objectifs, la Tunisie compte mobiliser une partie des financements nécessaires (23%) par le biais de ressources propres et le reste à travers l’appui des mécanismes internationaux de financements verts destinés à la lutte contre les changements climatiques, dont notamment, les marchés carbone conformément à l’article 6 de l’Accord de Paris.

L’opérationnalisation du marché carbone est l’un des enjeux primordiaux de la COP26, prévue, à Glasgow, du 31 octobre au 12 novembre 2021.

Pour les intervenants à cette rencontre, la CDN faite en parfaite concordance avec les décisions de l’Accord de Paris, est un ” outil parfait ” pour engager davantage le pays sur la voie d’un développement propre, durable, juste et inclusif.

Actualisée, cette contribution pourrait marquer le début d’un changement radical et une transition vers un développement écologique et responsable, ce qui nécessite l’engagement de tous les secteurs et la mise en place de dispositions de suivi et d’évaluation des mesures et actions entreprises.

Une délégation tunisienne de 80 personnes se déplacera, fin octobre prochain à Glasgow en Scotland pour participer à la 26ème Conférence des Nations unies sur le climat (COP26), organisée cette année par la Grande-Bretagne, en partenariat avec l’Italie. 

(TAP)