Plus de 60% des matériaux plastiques produits en Tunisie sont destinés à l’industrie agroalimentaire. C’est ce qui ressort des résultats préliminaires d’une étude du Centre technique de l’emballage et du conditionnement (Packtec).

Les branches de plastique rigide utilisées notamment dans la fabrication des bouteilles d’eau minérale et gazeuse et des bidons représentent 53% de la production, détaille cette étude présentée par Eya Turki, chef de service compatibilité emballage/produit au Packtec, lors d’un webinaire organisé, jeudi, par l’Association des Tunisiens des Grandes Ecoles ‘ATUGE) et le collectif Zéro Déchet.

Selon cette étude en cours d’élaboration, les préformes en polyéthylène téréphtalate (PET) sont les matériaux plastiques les plus produits en Tunisie, après les films plastiques thermo-rétractables, et ce en raison de la consommation importante de l’eau minérale et gazeuse par les tunisiens.

D’après Turki, la Tunisie compte aujourd’hui 150 entreprises spécialisées dans la fabrication de plastique, rappelant que les matières utilisées dans la production de ce matériau sont importées.

 

Pour réduire la fabrication du plastique, les participants à ce webinaire intitulé ” Tunisie : Quel rôle des IAA pour un emballage plus Ecolo? ” ont été unanimes à souligner l’impératif d’agir à la source.

Ainsi, Leila Abassi, membre du bureau Pacte mondial des Nations unies en Tunisie, un réseau qui encourage les entreprises à mettre en place des stratégies de responsabilité sociétale, a appelé les industriels à réfléchir à la question des intrants utilisés dans le secteur agroalimentaire.

Elle a, dans ce contexte, évoqué l’exemple des produits de nettoyage consommés dans l’industrie agroalimentaire, laquelle reste soumise à des règles de nettoyage très strictes. Elle recommande, dans ce sens, de privilégier des bidons de 20 litres au lieu de 5 litres, afin de réduire la consommation du plastique.

Pour ce qui est des produits finis, Abassi a mis l’accent sur la nécessité d’alléger de 15 à 20% le poids des emballages, pour diminuer la consommation du plastique et opter pour les packagings en papier.

Elle a également mentionné la possibilité de recevoir les matières premières comme les céréales en vrac, plutôt qu’en sacs en polyéthylène en double épaisseur qui arrivent dans des conteneurs.

 

Pour Moncef Marakachi, directeur de la recherche et de développement dans une entreprise privée d’impression et de traitement des emballages légers, toute société industrielle doit disposer des moyens nécessaires visant à réduire la consommation du plastique à la source.

Il estime que ceci reste “faisable”. Il appelle donc les industriels de l’industrie agroalimentaire à collaborer avec les transformateurs d’emballage flexible afin de trouver des solutions de réduction du grammage ou de l’épaisseur du plastique.

 

Le plastique est un polymère auquel on ajoute des additifs, des colorants chimiques ou encore des plastifiants qui restent nocifs pour l’environnement et la santé humaine. Les matières plastiques prennent plus de quatre siècles pour se dégrader et contaminent toute la chaîne alimentaire.

La Tunisie demeure le 4e consommateur de produits en plastique par habitant dans la région méditerranée, selon un rapport du Fonds mondial pour la Nature (WWF), publié en 2019.

 

Selon ce rapport, l’économie tunisienne perd environ 20 millions de dollars par an en raison de la pollution plastique. Ces déchets affectent surtout les secteurs du tourisme, de la navigation et de la pêche.

Notre pays laisse 0,8 million de tonnes de déchets plastiques dans la nature, soit 20% de la totalité des déchets plastiques jetés dans la nature en Méditerranée. 

(TAP)