La chambre pénale spécialisée dans les affaires de terrorisme au Tribunal de première instance de Tunis 1 a entamé vendredi l’examen de l’affaire de l’assassinat de Mohamed Brahmi, reportée à maintes reprises.

Présent sur place, le secrétaire général du Courant populaire Zouheir Hamdi a appelé, dans une déclaration à la TAP, le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) à révéler le contenu du rapport de l’inspection générale de la Justice concernant les accusations dont font l’objet les juges Béchir Akermi et Taieb Rachdi en rapport avec l’assassinat de Brahmi et Chokri Belaid et les tentatives de protéger des parties impliquées.

Ce dossier connait aujourd’hui un nouveau rebond, à la faveur d’un “allègement de la mainmise d’Ennahdha sur la Justice” et des résultats du rapport de l’Inspection générale. Le rapport en question, a-t-il rappelé, avait été présenté au CSM et à l’ancien ministre de la Justice, démis de ses fonctions, sur fond de cette affaire, selon ses dires.

Zouheir Hamdi a indiqué que de nombreux médias ont évoqué des pressions exercées sur la ministre de tutelle par intérim pour ne pas publier le rapport en question, a-t-il regretté.
Et d’ajouter, nous avons, longtemps, mis en garde contre des tentatives de dissimuler les faits, de protéger des personnes impliquées et de détruire des preuves.

La ministre de la Justice est aujourd’hui appelée à assurer ses responsabilités sans aucune influence, a-t-il soutenu, exhortant les structures judiciaires à contribuer à dévoiler la vérité sur les assassinats politiques et à hâter le dénouement de l’affaire qui dure depuis déjà sept ans.

L’ancien secrétaire général du Courant populaire, ancien député Mohamed Brahmi a été assassiné le 25 juillet 2013 devant son domicile à l’Ariana.

L’affaire a depuis été reportée à plusieurs reprises pour absence du quorum au niveau des membres de la chambre pénale en charge du dossier ou encore pour non exécution des jugements préparatoires.

Au cours des conférences de presse organisées, le Collectif de défense dans l’affaire des deux martyrs avait parlé d’un “appareil secret” d’Ennahdha qu’il accuse d’avoir planifié les deux assassinats.